28
fév
2012

Société de transport de Lévis: parcours sitôt lancés, sitôt coupés

Source : Le Soleil

La Société de transport de Lévis diminue la fréquence de ses nouveaux parcours vedettes, les Lévisiens, équivalents des Métrobus. Pas assez de clients et surtout besoin d’argent, justifie le directeur général Jean-François Carrier.

Les Lévisiens constituent l’ossature du nouveau réseau de transport en commun en cours d’élaboration sur la Rive-Sud. Lancés l’été et l’automne derniers, ils sont inspirés des Métrobus, qui font le succès du Réseau de transport de la Capitale (RTC) de l’autre côté du fleuve Saint-Laurent.

Le Lévisien-1 a été mis en place pour unir la ville d’ouest en est, de Saint-Étienne au centre-ville de Lévis. Il circule actuellement aux 40 minutes du matin au soir sans distinction. À partir du 19 mars, cette fréquence sera ramenée aux 60 minutes en dehors des heures de pointe ainsi que la fin de semaine. Durant les mêmes périodes, le trajet sera raccourci. Les autobus finiront leur course à la station de la Concorde, à Saint-Romuald, obligeant une correspondance avec le Lévisien-2 pour se rendre jusqu’au centre-ville.

Le Lévisien-2 subira aussi une baisse de service : entre 9h30 et 15h, la fréquence tombera aux 15 minutes plutôt que les 10 actuelles. Quelques départs seront également supprimés sur des parcours secondaires, réguliers ou express. Les Parlementaires, ces autobus qui traversent un grand nombre d’étudiants et de travailleurs jusque sur la Rive-Nord aux heures de pointe du matin et de l’après-midi, sont préservés.

Le directeur général Jean-François Carrier explique que son équipe a procédé à la révision de l’ensemble des parcours à l’échéance du plan d’amélioration 2007-2012 afin d’identifier les heures et les sections moins populaires. Il faut dire qu’il est à la recherche d’économies.

Ayant repoussé ses achats d’autobus pendant plusieurs années, la STLévis se retrouve aujourd’hui avec une flotte vieillissante. Des dizaines de véhicules ne sont carrément plus en état de rouler et doivent être retirés de la route. Pour les remplacer, 39 nouveaux autobus ont été commandés à NovaBus – sur un parc de 75 – pour environ 500 000 $ chacun. Ils seront livrés au cours des deux prochaines années.

« Sans ajouter aucune heure de service, sans calculer l’indexation sur tous les services, j’ai 1,3 million$ de plus [à payer] juste en service de la dette », fait remarquer M. Carrier.


Économies et pertes d’emplois
La Ville de Lévis a participé pour absorber la hausse des coûts liés aux nouveaux parcours rapides et aux emprunts à long terme pour le renouvellement de la flotte et l’agrandissement du garage. Sa contribution a été haussée de 2,5 millions$ dans le dernier budget municipal, la portant à 10 millions$ sur un budget de 24 millions$. Mais ce ne sera pas suffisant.

L’administration du transporteur public doit trouver près d’un million de dollars supplémentaire à l’interne. À eux seuls, les changements au Lévisien-1 entraîneront des économies de plus de 10 000 heures de service. Une dizaine de chauffeurs surnuméraires pourraient perdre leur emploi en fin de compte. L’administration devra aussi participer.

Ces coupes ne doivent pas être interprétées comme un changement de cap, insiste le directeur général de la STLévis. Il promet un réseau beaucoup plus efficace d’ici quelques années, avec quelques lignes à haut débit auxquelles viendront se greffer les circuits périphériques. La voie réservée de 16 kilomètres de long, en plein centre du boulevard de la Rive-Sud et de la route du Pont, est toujours sur la table à dessin.

« On ne dévie pas du plan de match : on fait un pas de côté. Seulement, il faut avoir les moyens de nos ambitions », résume M. Carrier, qui se croise les doigts pour que les prix de l’essence perdent leur élan.

Le gestionnaire admet que les nouveaux Lévisiens n’ont pas eu la chance de fidéliser la clientèle en l’espace de quelques mois seulement. Aussi envisage-t-il de remettre des heures de service sur ces lignes prioritaires dès qu’il aura une marge de manoeuvre. Les Lévisiens 1 et 3 pourraient notamment offrir davantage de départs aux heures de pointe.


Article de Annie Morin. Reproduit avec autorisation.


Catégorie(s) : Transports

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