Source :Le Soleil
L’espoir renaît au chantier Davie Canada. Encore une fois…
Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, Ed Fast, accorde le feu vert à Exportation et Développement Canada (EDC) pour que la société d’État amorce des négociations avec l’armateur norvégien Cecon en vue de la reprise de la construction de ses trois navires au chantier maritime de Lévis.
Dans sa livraison de mardi, Le Soleil révélait que les fonctionnaires d’EDC avaient accordé leur bénédiction administrative à la proposition soumise par Cecon, qui a réussi à trouver un partenaire financier, la Deutsche Bank, pour lui permettre de terminer la construction de trois bateaux dont les travaux sont suspendus depuis la fermeture du chantier en février 2010.
« Cette décision constitue la solution la plus avantageuse pour le Canada, de manière générale, puisque l’offre de Cecon est celle qui rend plus probable la construction des navires au Canada, ce qui créerait des emplois ici, chez nous », a indiqué, par la voie d’un courriel, un représentant du gouvernement fédéral.
Par l’entremise de son partenaire financier, Cecon propose de racheter les prêts accordés, ces dernières années, par EDC. Rappelons qu’en décembre 2008, Ottawa avait allongé une somme pouvant atteindre jusqu’à 380 millions$ en garanties de prêts et financement au chantier de Lévis pour lui permettre de poursuivre la construction des trois navires de Cecon et les deux autres du groupe chypriote Ocean Hotels. Quelques mois plus tard, en février 2009, EDC accordait un prêt de 200 millions$ à Cecon en vue de financer la construction de ses trois vaisseaux à Lévis. La compagnie norvégienne était alors dans de mauvais draps. Ses financiers européens venaient de lui retirer ses facilités de crédit.
« Développement constructif »
Pour le député de Lévis-Bellechasse à la Chambre des communes, Steven Blaney, la décision de son gouvernement marque un « développement constructif » en vue de la reprise des activités à Davie Canada en précisant que les négociations qui s’amorceront entre EDC et Cecon pourraient durer quelques semaines, le temps de s’entendre sur les différentes clauses légales et financières d’un accord entre les parties.
« J’ai toujours soutenu que la solution passait par une entente entre les créanciers et, finalement, c’est ce qui est survenu », a commenté M. Blaney au Soleil. Il a tenu à assurer que la décision avait été prise dans les meilleurs intérêts des contribuables et à la lumière des évaluations faites par les experts financiers d’EDC.
De l’avis du député de Lévis à l’Assemblée nationale, Gilles Lehouillier, et du président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN), Paul-André Brulotte, il était illusoire de penser à une éventuelle renaissance du chantier sans un accord sur l’achèvement des trois navires de Cecon à Lévis, dont les travaux sont complétés dans des proportions de 65%, de 30% et de 7% respectivement.
« C’était incontournable », a indiqué M. Brulotte. « Seul le contrat de 120 millions$ pour la construction des deux bateaux pour la Société des traversiers du Québec n’aurait pas suffi à assurer la rentabilité des opérations du chantier », a fait valoir le député Lehouillier, qui croit que la région peut maintenant commencer à se mobiliser pour l’obtention des 5,2 milliards$ qui seront bientôt accordés en vue du renouvellement de la flotte de la Garde côtière.
Selon ce dernier, le gouvernement fédéral a sûrement fait le calcul qu’il valait mieux terminer les travaux à Lévis que de risquer de tout perdre et de voir Cecon aller faire construire ses navires ailleurs.
« Que va récupérer le fédéral de tout l’argent investi dans l’opération? Il faudra lui poser la question. Il est clair, à mon avis, qu’il a fait le calcul qu’en faisant compléter les travaux au Canada, ça allait créer de l’emploi et de l’activité économique ici et ce que ça allait apporter des revenus dans les coffres des gouvernements. »
Ragaillardi par la tournure des événements, Paul-André Brulotte estime que les premiers travailleurs, notamment ceux affectés aux opérations de maintenance, pourraient être rappelés au boulot au cours du mois de mai.
La construction des trois navires de Cecon et des deux bateaux de la Société des traversiers du Québec devraient procurer du travail à Lévis pendant au moins de deux ans.





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