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Labeaume veut retirer le droit de veto à ses voisines
mer. 10 février 2010 - 23:29 |
Par Yves Gagné
Source: Le
Soleil
Le maire de Québec Régis Labeaume lance un pavé dans la tranquille
mare de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ). Il demande au
gouvernement de retirer le droit de veto qui permet à l'heure actuelle à
ses voisines de Lévis et des MRC de s'opposer à ses projets.
Impatient, dit-il, de freiner l'étalement urbain, de protéger le lac
Saint-Charles et de développer le transport en commun, Régis Labeaume
veut les coudées plus franches à l'échelle de la région.
Devant une commission parlementaire, celui qui est aussi président de la
CMQ a réclamé mercredi du gouvernement provincial qu'il change la loi
pour éliminer le principe de triple majorité, soit le droit de veto qui
permet à chaque composante de la Communauté métropolitaine de Québec,
donc à la Ville de Lévis, à celle de Québec et aux MRC, de bloquer des
projets.
À la place, le maire Labeaume demande que, comme à Montréal, les
décisions se prennent à la majorité des deux tiers. Québec ne pourrait
pas imposer ses vues, assure-t-il. Pour faire adopter un projet, Québec
devrait toujours convaincre soit Lévis, soit les MRC.
Après deux années à la tête de l'organisme, le maire Labeaume ne voit
pas comment la région pourra se doter d'un plan métropolitain
d'aménagement - une exigence gouvernementale - cohérent et efficace dans
le système actuel.
« Si Stoneham veut développer et que nous, on veut protéger de façon
drastique notre prise d'eau, on va diverger d'opinion, c'est sûr »,
résume-t-il. Avec les règles actuelles de la CMQ, affirme le maire
Labeaume, les trois MRC peuvent continuer à développer et - sans le
faire intentionnellement - à mettre en danger la source d'eau potable de
270 000 personnes.
Le maire de Québec ne blâme pas les gens de Lévis ou des MRC. « Ils ne
travaillent pas mal et ils ne sont pas contre le développement durable,
dit M. Labeaume. Mais si on décide de cesser l'étalement urbain, et que
tout le monde continue à étaler, on a un problème. »
Le demi-million de citoyens de Québec est victime d'une grave injustice
dans la CMQ, croit le maire Labeaume, puisque, même s'il forme 73 % de
la population du territoire, il ne détient que 51 % du pouvoir. « Des
élus qui représentent moins de 5 % de la population de la CMQ peuvent
s'opposer à tout plan d'aménagement, déplore Régis Labeaume. On vit avec
quelque chose qui n'a pas de sens et qui nous empêche de bouger. »
Le ministre des Affaires municipales n'a pas voulu se prononcer
clairement sur la demande du maire de Québec, se contentant de dire
«qu'il l'avait entendue».
En un mot: COMMUNAUTÉ MÉTROPOLITAINE DE QUÉBEC
> Structure créée en janvier 2002, au moment des fusions municipales, par
le gouvernement du Québec. La CMQ regroupe à la même table l'agglomération
de Québec, la Ville de Lévis ainsi que les municipalités régionales de
comté (MRC) de la Jacques-Cartier, de la Côte-de-Beaupré et de
L'Île-d'Orléans, soit au total 28 municipalités. Son budget de 3 millions
$ lui vient à 71 % de la Ville de Québec.
Article de Isabelle Mathieu. Reproduit avec autorisation.