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Usine de compostage: décision imminente à Québec et à Lévis
mar. 17 novembre 2009 - 22:28 |
Par Yves Gagné
Source: Le
Soleil
Québec et Lévis prendront sous peu une décision importante pour
l'implantation de leur usine de compostage. Cette annonce par le
gouvernement provincial d'une enveloppe de 650 millions $ pour des
infrastructures de biométhanisation et de compostage, lundi, déclenche
une course aux subventions parmi les municipalités québécoises.
Selon La Presse de mardi, six projets sont déjà sur les rails dans la
région de Montréal. Québec et Lévis jonglent aussi depuis plusieurs mois
avec leurs usines. Dans les deux cas, on a retenu le procédé de
biométhanisation, qui consiste à extraire du biogaz des matières
organiques (surtout les restes de table) et à composter la matière
solide. L'extraction du biogaz permet de transformer le méthane, un gaz
à effet de serre, en combustible.
Les récentes élections ont compliqué un peu les choses à Québec puisque
le titulaire de l'Environnement, Raymond Dion, a pris la tête du Réseau
de transport de la Capitale. Son remplaçant au comité exécutif, Simon
Brouard, se familiarise avec le dossier. « On est assez à jour », assure
tout de même Paul-Christian Nolin, l'attaché de presse du maire Régis
Labeaume.
La situation est semblable à Lévis, explique le nouveau responsable de
l'environnement, le conseiller Jean-Claude Bouchard. « On n'a pas
travaillé sur le budget comme tel dernièrement, mais nos choix sont
arrêtés à 99 %. » Lévis fera appel à un sous-contractant pour le
traitement des matières en attendant de construire son usine. Tout comme
Québec d'ailleurs, qui a annoncé son intention de démarrer la collecte
en 2010. Celle-ci se fera progressivement, à raison de deux
arrondissements par année.
Mardi, les dirigeants des Travaux publics étaient d'ailleurs réunis
toute la journée avec la direction générale pour soumettre les grandes
lignes du projet. Ces paramètres préliminaires sont basés sur les
projets pilotes de cueillette en cours dans 3800 ménages de la région et
le voyage d'exploration en Europe d'il y a quelques mois.
75 000 tonnes de déchets
En janvier, Québec retardait
l'annonce de la construction de son usine de 35 millions $ et
prolongeait les projets pilotes. La Ville doit déterminer le mode de
cueillette et de transport le plus écologique possible. On estime que
75?000 tonnes de matières putrescibles seraient revalorisées.
On sait aussi que la Ville analyse six endroits potentiels pour
l'implantation d'une usine fermée, en raison des odeurs, dont un à
proximité de l'incinérateur de Limoilou, ce qui a provoqué une levée de
boucliers dans la population et chez les élus. Toutefois, les
représentants du Renouveau municipal de Québec qui siégeaient dans cet
arrondissement ont tous subi une défaite et cédé la place à des
conseillers d'Équipe Labeaume.
« Dans ce type de projet, le plus grand défi qui se pose aux
gestionnaires n'est pas technique, il est avant tout social », estime
Patrick Bourgeois, président de Transfert environnement. Sa firme se
rendra en Belgique du 20 au 30 novembre pour étudier cet aspect.
La mission aura deux objectifs : la gestion des matières organiques en
milieu urbain et les processus déployés pour réduire à la source la
quantité de déchets. Québec prévoit interdire l'enfouissement des
matières organiques d'ici 10 ans.
Article de Éric Moreault. Reproduit avec autorisation.