19
Avr
2018

Port à l’est de Lévis : le GIRAM toujours inquiet

Article de Érick Deschenes. Le Journal de Lévis.

Il y a un an, Rabaska et le Port de Québec signaient une entente accordant une option d’achat à l’administration portuaire sur les terrains ciblés auparavant pour la réalisation d’un port méthanier à l’est de Lévis. Cet anniversaire incite une nouvelle fois le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) à partager ses craintes concernant la transformation que pourrait subir le site.

Rappelons d’emblée que l’entente, dévoilée en avril 2017, a établi les conditions permettant au Port de Québec d’acquérir d’ici cinq ans (à partir de 2017) les 273 hectares détenus par Rabaska. À ce moment, l’administration portuaire avait dévoilé que cette opération visait à constituer une réserve de terrains pour d’éventuels projets.

Avec le projet Beauport 2020, un plan du Port de Québec pour agrandir ses installations sur la rive nord du fleuve grâce à un terminal de conteneurs présentement à l’étude, le GIRAM s’inquiète que les projets éventuels de l’administration portuaire sur le site de Rabaska se développent plus rapidement que le laisse croire la « période de dormance » en place depuis l’annonce d’avril 2017.

« C’est le temps de revenir sur le sujet. Quand il y a une option d’achat, on dirait que le projet est en dormance et à peu près tout le monde est endormi. On veut remettre le dossier dans l’actualité. Si jamais le projet Beauport 2020 est accepté, il y a un risque que les installations de vrac (désirées par le Port de Québec) puissent être éventuellement installées sur le site de Rabaska. L’option d’achat peut être exercée plus tôt. Ça peut être l’an prochain ou dans trois semaines », a expliqué Gaston Cadrin, membre du conseil d’administration du GIRAM.

Des retombées minimes
Et même si la Ville de Lévis et la Chambre de commerce de Lévis voient d’un bon œil le développement d’une zone industrialo-portuaire à cet endroit, le GIRAM estime que la valeur (patrimoniale, environnementale, agricole et paysager) des terrains situés en face de l’île d’Orléans est d’une trop grande valeur pour accueillir un usage d’industrie lourde.
Surtout que les dividendes de l’arrivée d’installations de vrac seraient faibles, notamment en termes d’emplois créés ou de retombées fiscales pour la Ville de Lévis, selon l’organisme de défense et de sensibilisation à l’aménagement du milieu.

« Le vrac, liquide ou solide, procure peu d’emplois. Des études faites par le Conseil de développement du Québec métropolitain (NDLR : en 1982) arrivent à la conclusion que le vrac liquide ne crée que 1,7 emploi direct par hectare », a soutenu Pierre-Paul Sénéchal, président du GIRAM.

Le groupe de citoyens espère donc qu’une consultation et une étude indépendante seront réalisées, avant le développement d’un projet sur le site, afin d’évaluer les impacts.

Un projet prônant la qualité de vie
Pour sa part, le GIRAM croit que la Ville de Lévis devrait plutôt militer pour un projet de développement misant sur la nouvelle économie, tout en préservant la qualité de vie de ce milieu.
« Si jamais on veut faire un compromis, des investissements en haute technologie peuvent être compatibles avec l’utilisation agricole d’une majeure partie du site, comme c’est le cas au Vermont ou en Europe. C’est drôlement plus intéressant en termes de retombées économiques que le transbordement de vrac liquide ou solide. C’est un milieu qui devrait être normalement consacré à une qualité de vie en milieu de travail et en milieu résidentiel », a conclu M. Sénéchal.


Catégorie(s) : Industriel,  Transports

Publié le jeudi 19 avril 2018 à 12:21
Modifié le jeudi 19 avril 2018 à 12:21

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