26
Mai
2011

Immeuble dangereux à Lévis : la Ville et la propriétaire se contredisent

Article de Stéphanie Martin. Le Soleil.
Reproduit avec autorisation au moment de la publication.

Une demande de démolition avait-elle déjà été enregistrée pour l’édifice du 36, 38 et 40, côte du Passage ? La Ville de Lévis assure que oui. Une des propriétaires jure que non, et affirme que ce sont les travaux menés par la Ville près des fondations qui ont ébranlé l’immeuble et forcé l’évacuation.

« La demande de démolition, elle n’a jamais été effectuée pour le 36-40, côte du Passage. Elle a été faite sur l’immeuble qu’on a en face de ça, qui porte le numéro civique 35-37. Je suis formelle là-dessus. Il n’y a jamais eu de demande de démolition pour le 36-40 », a affirmé hier en entrevue téléphonique émilie Garant, l’une des quatre copropriétaires de l’immeuble qui a été évacué d’urgence sur la côte du Passage, le 6 mai , mettant à la rue une dizaine de locataires.

Mme Garant, la fille de Denys Garant, a confirmé que les propriétaires ont l’intention de construire des condos de luxe dans ce secteur et qu’éventuellement, une demande de démolition aurait été déposée pour l’immeuble. « Mais pour le moment, notre priorité était le 35-37 parce que cet édifice n’est pas [répertorié au] patrimoine. [La démolition] n’était pas du tout dans nos plans pour la prochaine année », a-t-elle indiqué. C’est ce qui explique qu’elle avait permis la signature de baux et n’avait pas informé ses locataires de la possibilité d’une démolition.

La semaine dernière, la Ville avait affirmé par la voix de son porte-parole que si on n’était pas intervenu pour forcer le propriétaire à effectuer des réparations pour rendre son immeuble sécuritaire, c’était parce qu’une demande de démolition avait été enregistrée. « On maintient qu’ils ont fait une demande et que la demande n’était pas complète. Je vous confirme qu’il y a eu une demande [de démolition] pour le 36, 38, 40. J’ai les documents devant les yeux», a certifié hier Christian Brière, à la Ville de Lévis.

émilie Garant réplique que « s’il n’y avait pas eu de travaux sur la côte du Passage – parce qu’on s’entend qu’ils refont les conduites et donc ils creusent très profond et le sol en est ébranlé -, c’est sûr et certain qu’il n’y aurait pas eu d’évacuation de cet édifice-là ».


Avis d’ingénieur
Mme Garant dit détenir un avis d’ingénieur qui avisait que « s’il y avait des travaux, l’édifice pouvait en être affecté grandement ».

Quant aux poursuites que songe à entreprendre la Ville pour récupérer les sommes investies dans la sécurisation de l’immeuble après son évacuation, émilie Garant dit n’avoir reçu aucune information en ce sens de la part des représentants de la Ville avec qui elle a parlé au cours des derniers jours. Elle admet cependant avoir reçu le 29 mars un avis d’infraction qui demandait de solidifier le muret de façade. « Les travaux n’ont pas été faits, convient-elle. Je ne peux pas vous dire pourquoi, mais ils n’ont pas été faits. »

Hier matin, la mairesse Danielle Roy Marinelli a indiqué qu’elle espérait éviter les poursuites, mais « il y aura des coûts qui devront être transférés au propriétaire de l’immeuble. Est-ce que c’est un citoyen qui réglera ses comptes avec la Ville correctement ? On verra ».


Reproduit avec autorisation au moment de la publication.


Catégorie(s) : Gouvernement,  Habitation

Publié le jeudi 26 mai 2011 à 5:49
Modifié le vendredi 29 juin 2018 à 13:05

4 commentaires+  Commenter

  • Belle atmosphère, très productif comme partenariat.

    Si on exclut l’aspect humain (des locataires à la rue), qui semble t-il auraient été traités assez décemment(?), du moins d’un point de vue légal.

    On se rend compte que le développent urbain ne devrait pas être laissé à l’initiative des « promoteurs ».

    Chaque cartier de la nouvelle ville devrait simplement être classé dans un cadre législatif clair, propre à sa nature. On éviterait ce genre d’improvisation absurde, pire encore la malveillance motivée par l’appât du gain.

    Seul le politique peut vraiment se porter garant de certaines valeurs, les acteurs économiques ont trop de contraintes, voire une philosophie trop élastique pour pouvoir garantir à la collectivité une traitement durable de son patrimoine et une vison raisonnée et surtout cultivée de l’avenir de la ville.

    Il semble qu’en fin de compte la côte de passage sera tout de même amputée d’une de ses dernières sentinelles de briques et pierre, mémoire de l’activité commerciale du site.

    et tout cela pourquoi ?, négligence?
    absence de cadre réglementaire rationnel?
    absence de surveillance, de volonté?

    Et bientôt près de chez vous un « nouveau » cube à condo, sans style, hors contexte, sans travail architectural authentique, monument élevé à la gloire du manque de vision (culture ?) de la toute puissante administration actuelle.

    À suivre: l’incessant massacre d’espaces verts à la tête des ponts et ailleurs, l’éradication de la place vannoise, l’érection de bâtiments cubiques insignifiants décorés en surface, noyés dans un labyrinthe d’asphalte suffocante,

    style: http://www.quartierdix30.com/commerces/

    Qui rêve vraiment à ça ?
    évidemment ça se discute…mais pas à Lévis.

    Ici cela s’appelle du chialage.
    Tassez-vous y’a une piasse à faire.

  • « Seul le politique peut vraiment se porter garant de certaines valeurs »

    Avec le manque de crédibilité que la classe politique a ces temps-ci, je ne me fierais pas trop sur cette dite classe…

    référence mon commentaire de ce billet :
    http://www.levisurbain.ca/?p=3162#comment-560

  • Par « le politique » j’entends évidemment le pallier décisionnel-exécutif, ou si vous préférez l’espace social où ces décisions devraient être prises.

    C’est pas parce que la politique est actuellement pervertie

  • (suite) par de nombreux carriéristes ignorants et sans morale, que cette dernière doit être jetée à la poubelle.

    Vous pensez à quoi pour le remplacer ?

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