12
Mai
2005

Il manque de l’espace au projet Kevlar

Article de Marc Saint-Pierre. Le Soleil.
Reproduit avec autorisation au moment de la publication.

Il ne répond pas aux exigences du service des incendies.

Le projet Kevlar, dans la Ville de Lévis, impliquerait de gruger la cour de l’école Notre-dame et d’obtenir une servitude de la commission scolaire des navigateurs, pour se rendre aux exigences du Service des incendies.

Mais pour l’heure, la direction de la commission scolaire n’a été informée en rien de ce besoin additionnel d’espace ni n’a reçu de demande du développeur, a précisé la porte-parole de l’institution, Louise Boisvert, hier.

« Ce serait peut-être un prérequis », a noté Mme Boisvert, avec un sourire dans la voix.

« Les seuls échanges que la commission scolaire a eus avec Kevlar concerne un échange de terrains un pour un. Nous n’avons eu aucune conversation pour un nouvel espace », a-t-elle précisé.

C’est le conseiller municipal indépendant Jean-Claude Bouchard qu a attaché le grelot à ce propos. Lundi, avant d’être expulsé par le maire Jean Garon d’une séance du conseil comme jamais échevelée, M » Bouchard avait eu le temps d’indiquer que le projet Kevlar ne laisse pas tout l’espace requis aux camions de pompiers.

« Il faut que les camions du Service de la sécurité incendie, le camion-échelle en particulier, puissent entrer et manÅ“uvrer sur le site. Cela implique un achat de terrain et une servitude », a-il précisé, à l’occasion d’un entretien accordé au Soleil, hier.

Le projet Kevlar, c’est de démolir les vieilles écoles de l’ïlot St-Gabriel, au coeur du Vieux-Lévis, pour y construire un immeuble de 190 logements.

Des logements haut de gamme destinés à des personnes gées autonomes, selon la formule Jazz initialement développée rue Belmont, dans le quartier Sainte-Foy.

Mais les terrains de l’îlot St-Gabriel sont semblent-ils insuffisants pour réaliser le projet tel que conçu. Selon des plans qui sont l’objet d’une large diffusion dans le Vieux-Lévis à l’heure actuelle, Kevlar devra obtenir une bande de trois mètres de plus sur toute la longueur de la cour de l’école Notre-Dame, école primaire qui jouxte sa propriété, pour permettre aux camions de circuler. Des marges de manÅ“uvres devront être élargies à même les extrémités de cette cour pour respecter l’arc de virage de ces camions.

En ce qui concerne l’administration municipale, rien n’empêche le projet néanmoins. Il a effectivement été approuvé par un vote de huit contre sept par le conseil municipal, l’autre soir. Le maire Garon et Danielle Roy-Marinelli, chef de Lévis Force 10, ont notamment voté pour. Des chefs de parti engagés dans la lutte électorale e novembre, seul Gilles Lehouillier, de Démocratie Lévis, a voté contre.

« Pour le Vieux-Lévis, par rapport à la dynamique de revitalisation mise en oeuvre en 1995, c’est un recul, une brisure », a-t-il indiqué, déplore du même souffle le « chaos » amené par l’immobilisme de l’administration Garon en matière d’aménagement et d’urbanisme.

La perception de résidants du Vieux-Lévis est du même ordre. Le projet y est mal reçu et une pétition d’au-delà de 1000 signatures a été faite en quelques jours. Il y est question d’un projet « trop gros, trop cher », qui vient briser la trame urbaine particulière du vieux quartier, voire de « projet monstrueux », comme l’a indiqué la conseillère indépendante Lise Brochu-Asselin.

Dans le Vieux-Lévis, d’autres craintes sont maintenant exprimées, celle-là sur la survie, à terme, de l’école Notre-Dame elle-même. Trois cents enfants fréquentent cette école.

Kevlar n’a pas fait écho à un appel du SOLEIL.


Reproduit avec autorisation au moment de la publication.


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Publié le jeudi 12 mai 2005 à 7:08
Modifié le dimanche 25 février 2018 à 15:50

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