Source :Le Soleil
La difficulté de trouver des fournisseurs de gaz pourrait fort bien compromettre la réalisation des deux projets de port méthanier autorisés par Québec, estime le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard.
« J’étais la semaine passée à Boston et malgré tout le débat autour de l’implantation des ports méthaniers ou pas, la question de l’heure dans le secteur énergétique, et plus particulièrement au niveau du gaz naturel, c’est l’approvisionnement  », remarque le ministre. Si le gouvernement a jugé les projets qui lui étaient présentés en considérant notamment qu’il fallait « se donner des chances d’avoir du gaz », le facteur décisif de leur réalisation ou non est l’approvisionnement, insiste M. Béchard. « Et ça, c’est une difficulté que toutes les entreprises gazières, au Québec ou ailleurs dans le monde, rencontrent. »
C’est dans ce contexte, poursuit-il, qu’il est « fort possible » que malgré le fait que le gouvernement ait autorisé Rabaska et Cacouna, aucun des deux ne voie le jour faute d’approvisionnement. « C’est ce qui se passe avec Cacouna. On va voir comment ça va aller avec Rabaska. » Claude Béchard ne se montre pas ébranlé par les questions soulevées, à Boston justement, par les ennuis du Catalunya Spirit, un méthanier en panne qui a dérivé pendant plusieurs heures, lundi, au large de Cape Cod, avec une pleine cargaison de gaz naturel liquéfié.
Une porte-parole du maire de Boston, Thomas Menino, a déclaré que cette panne était une raison supplémentaire d’éliminer progressivement les allées et venues des méthaniers à travers la ville et d’accélérer la construction d’installations de transbordement en mer, au large de la baie du Massachusetts, comme le rapportait hier le quotidien Boston Globe. « Il y a des choses contre lesquelles vous ne pouvez simplement pas vous protéger », ajoutait Dorothy Joyce. évoquant la possibilité qu’un tel problème se produise plus proche de la côte, un sénateur démocrate cité par le Globe, Anthony Gallucio, a qualifié la panne du Catalunya Spirit d épouvantable et alarmante ». Dans le cas de Rabaska, affirme M. Béchard, les craintes émises au début du processus d’étude ont trouvé des réponses et donné lieu à des mesures au fur et à mesure que le projet avançait. « Dans les décrets finaux, il y a des contraintes qui sont amenées et à date, tous les ministères impliqués ont émis des avis finaux qui étaient favorables. » (Sa collègue à l’Environnement, Line Beauchamp, préfère dire qu’« aucun avis n’était défavorable ».)
« Prenons l’exemple des bélugas à Cacouna : c’est sûr qu’au début, Pêches et Océans avait des réserves, dit M. Béchard. C’est pour ça qu’il a amené des éléments de contrainte au promoteur pour faire en sorte que des correctifs soient apportés. à la fin, si ces correctifs ne sont pas apportés, c’est sûr que le projet ne se réalise pas. C’est la même chose dans le cas des autres projets.Â
La Garde côtière américaine et l’opérateur du Catalunya Spirit ont annoncé hier que l’électricité était revenue sur le navire, qui avait été remorqué en lieu sûr mardi. Mais les efforts se poursuivaient pour lui rendre sa propulsion. Même s’il a dérivé lundi sur une mer agitée par des vagues de 12 pieds et des vents de plus de 30 nÅ“uds, le méthanier n’a subi ni fuite, ni dommage strucÂturel. Une vingtaine de bateaux demeurent toutefois dans les environs pour parer à d’éventuels dommages environnementaux et 150 autres peuvent y être dépêchés dans les 8 à 10 heures, souligne la Garde côtière.

