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Transport en commun: Lévis réclame 20 millions $
mar. 26 janvier 2010 - 12:40 |
Par Yves Gagné
Source: Le
Soleil
La Ville de Lévis réclame une vingtaine de millions de dollars du
gouvernement du Québec pour réparer une injustice vieille de deux
décennies dans le financement du transport en commun. À défaut de quoi
elle mettra un frein à son implication dans les projets métropolitains.
Tant et aussi longtemps que le règlement sur l'iniquité ne sera pas
conclu, Lévis s'abstiendra de participer aux initiatives régionales de
transport en commun, assure Danielle Roy Marinelli. « Quand on va
s'asseoir avec la Rive-Nord, c'est qu'on va être traité comme la
Rive-Nord », résume la mairesse de la ville de 138 000 habitants.
L'administration de la mairesse Danielle Roy Marinelli a annoncé ses
couleurs la semaine dernière; la Société de transport de Lévis réduira
ses services de 20 % en mars si la Ville n'obtient pas ce qu'elle veut
du gouvernement provincial.
Ce que Lévis veut, c'est la totalité du 30 $ que paient en frais
d'immatriculation les conducteurs de la Rive-Sud pour financer le
transport en commun. Sur une somme de 1,9 million $ par année, Lévis ne
reçoit que 700 000 $ et voit 1,2 million $ partir pour Québec.
Manque à gagner
En entrevue au Soleil lundi, Mme
Roy Marinelli ajoute que son administration s'attend à bien davantage
que de récupérer l'équivalent du montant versé annuellement à ses
voisins du Réseau de transport de la Capitale. « On a droit à la
récurrence, car ça fait 18 ans que ça dure, affirme la mairesse de
Lévis. C'est un manque à gagner de 18 millions $ qui fait qu'on ne s'est
pas développé, on a juste survécu. »
La Société de transport de Lévis en arrive en 2010 à devoir couper dans
ses circuits d'autobus pour réussir à présenter un budget équilibré,
déplore la mairesse. La STL dispose d'un budget de 19,5 millions $ par
année. En comparaison, le Réseau de transport de la Capitale a un budget
annuel de 165 millions $.
La menace de compression du service de transport en commun, lancée en
plein conseil municipal, a semblé faire réagir la ministre des
Transports Julie Boulet. Lors de la rencontre économique tenue à Lévis
la semaine dernière, la ministre a d'ailleurs promis à la mairesse de «
la rencontrer le plus rapidement possible », confirme l'attachée de
presse de Julie Boulet.
Pas de fusion
Ce n'est pas demain la veille que les sociétés
de transport de la Rive-Sud et de la Rive-Nord formeront un seul grand
réseau. Alors que plusieurs rêvaient d'intégration il y a quelques mois,
aujourd'hui, Danielle Roy Marinelli ne croit pas une intégration
possible. « Peut-être un jour une union, une interconnexion, mais pas
d'intégration, résume la mairesse. On est deux villes. »
Lévis a une société de transport qui mérite de se développer et pas
juste vers le nord, aussi d'est en ouest. « On veut garder le contrôle
du développement de notre société de transport, dit Mme Roy Marinelli.
Et je ne suis même pas sûre que ce soit une bonne solution au niveau des
coûts. »
Article de Isabelle Mathieu . Reproduit avec autorisation.